Jean-Baptiste Molina

Anthropologue et Agroécologue, la magie est pour lui un sujet de recherche ; un outil pour des changements de paradigmes ; ainsi qu’une expérience de vie.

Ses formations (Master professionnel en Anthropologie et métiers du développement durable et Master inter-universitaire en Agroécologie) l’ont mené à étudier les relations qu’entretiennent les Ewés vaudous d’Afrique de l’Ouest avec leurs écosystèmes. En tant que traducteur culturel entre les rationalités scientifico-développementistes et les rationalités animistes locales, sa rencontre avec le vaudou lors de ses terrains ethnographiques est vécue comme une expérience bouleversante.
Depuis, il s’intéresse à la magie comme une approche opérative dans des projets transdisciplinaires, où les barrières stériles entre sciences, art, magie et politique sont mises à mal. Ainsi, avec son ami de toujours, l’artiste Martin Campillo, ils abordent des thèmes comme magie et écologie ou magie et technologie. De la conférence-performance aux installations artistiques, il s’agit toujours d’agiter, de questionner, dans une perspective politique et philosophique subversive.

La magie est pour lui un outil pour des changements de paradigmes, en luttant contre les dérives des pensées dominantes (réductionnistes, positivistes, mécanistes et naturalistes), en grande partie responsables des crises globales actuelles. Les rationalités magiques peuvent être des clefs pour déverrouiller ces problématiques, grâce à des visions écocentriques et des déconstructions des rapports sujet/objet.

La magie comme expérience de vie lui permet de dépasser les limites de la science purement descriptive ; utilisée comme une métaphysique, elle lui permet de donner du sens à la réalité. Enfin, dans une démarche libertaire, il mobilise des pratiques magiques en considérant que la flexibilité de la croyance est aussi une forme de liberté.