A propos

Désorceler la Finance est un laboratoire sauvage de recherches expérimentales porté par la compagnie Loop-s et basé à Bruxelles.

La crise traversée par les pays occidentaux est la crise d’un système tout entier. Pour en sortir, il nous semble urgent de se réapproprier (nous : citoyen. ne.s, artistes et activistes) les enjeux liés au fonctionnement de ce système et de la société qui l’abrite. Mais serions-nous ensorcellé.e.s pour qu’il nous paraisse si difficile voire impossible de s’attaquer à la finance ? Comment déconstruire le langage de l’économie ? Comment se le réapproprier pour le reconstruire autrement ?

Finance et sorcellerie … Deux mondes qui paraissent à première vue aux antipodes et pourtant… Suivant le terme utilisé par l’anthropologue Jeanne Favret Saada, « désorceler » serait une manière de retourner le maléfice à l’envoyeur, de lui renvoyer l’envers de ses pouvoirs, pour contribuer à se libérer de son emprise et nous redonner une capacité d’agir (un pouvoir de faire). Voilà un terrain de recherche incroyablement fertile dans une perspective tant esthétique que politique.

Les recherches du laboratoire

Le laboratoire sauvage Désorceler la finance s’est constitué en 2017 autour d’envies partagées de penser la relation entre finance et sorcellerie et de la traiter par les divers moyens artistiques que ses chercheur.se.s expérimentent : performance, installation, design graphique, design critique, vulgarisation, etc. La rencontre s’étant faite sur la base d’un sujet de recherche plutôt que sur des méthodes de travail ou des références communes, la première production du laboratoire, Open Outcry, a agit comme un rite de passage, à la fois fabrication et intégration d’un collectif et métamorphose du regard porté sur la finance. En tant que rituel de désenvoûtement de la finance, Open Outcry a engagé la collection et la création d’une quantité d’objets étranges, ésotériques chargés de la puissance magique que le rituel leur a fourni. Lorsqu’ils ne sont pas utilisés dans une quelconque cérémonie, ces objets intègrent le Cabinet de curiosités économiques, où ils sont en dépôt, dans l’attente d’une nouvelle activation. De ces deux créations et des recherches associées s’est manifesté le besoin de penser les possibles alternatives au modèle capitaliste, de questionner nos positions en son sein et de mettre des mots sur les volontés profondes que quelque chose se passe. Ainsi fut créé la série de jeux de cartes Ré-ouvrir les horizons, qui se présente comme un dispositif de conversation réinvestissant les principes de la cartomancie et aboutissant à la formulation d’une parole ou d’un acte magique. Le passage de l’expérience personnelle à la conscience collective est l’objectif des jeux de cartes et le point de départ des autres formes de recherches expérimentées.