Open Outcry – Manifeste

La finance est partout. Elle donne un prix aux céréales qui assurent la base de notre alimentation, aux matières premières – bois, métaux, minerais… – qui constituent les objets dont nous faisons usage chaque jour; elle façonne le choix des énergies que nous utilisons; elle détermine notre façon d’envisager et d’accéder à ce besoin fondamental qu’est l’habitat.

Chacun, chacune de nous est intimement lié.e à elle, nous l’emportons quotidiennement avec nous : la finance se glisse jusque dans les interstices de notre portefeuille, se loge au fond de notre sac à main, dans la poche arrière de notre jean ou la poche intérieure de notre veste… Notre carte bancaire, ce bout de plastique que nous gardons près de nous tel un grigri, est notre point de contact le plus commun avec la finance.

La finance est partout, et l’argent déborde. Les milliards et milliers de milliards et millions de milliards des banques, des sociétés d’assurances, des fonds de pension, des hedge fund, des fortunes démesurées et des dettes abyssales nous sifflent aux oreilles à l’écoute des nouvelles, à la lecture des journaux. Ils nous impressionnent. Mais, souvent, nous ne les entendons plus, occupés que nous sommes à nous débattre avec quelques dizaines, quelques centaines, quelques milliers peut-être. Peut-être ces milliards nous empêchent-il aussi, par leur présence, leur pouvoir, leurs injonctions et leur insistance étouffante, de penser et d’agir autrement.

Dépasser cet état d’empêchement, de contention, d’étouffement, requiert de briser quelque chose qui est de l’ordre de l’envoûtement, de l’impuissance sidérée. C’est l’objectif du « rituel de désenvoutement de la finance».

Le temps est venu de rendre visibles les spectres des réseaux d’influence.
Le temps est venu de décortiquer les rouages de l’économie et de la finance.
Le temps est venu de mettre nos mains dans le cambouis.

Dans un contexte de crises économiques et financière à répétition et aux effets délétères, nous soutenons qu’il est urgent de se réapproprier le fonctionnement de la société dans laquelle nous vivons et d’en maîtriser les enjeux. Laisser les questions économiques et financières dans les seules mains des experts n’est plus envisageable.

Bienvenue dans ce rituel de passage qui a pour ambitions:
De nous sortir de l’immobilisme.
De nous remettre en mouvement.
De nous donner de la force.
De la force pour ouvrir un accès vers d’autres modèles de répartition des richesses
De la force pour créer de nouvelles formes de production et de création
De la force pour faire émerger d’autres solutions;
De la force pour libérer notre imagination.

Finance is everywhere. It gives a price to the cereals which are key to our diets, to raw materials – wood, metals, minerals – that we need and use every day. It decides on the energies that we rely upon, it determines our way of looking at and approaching fundamental needs such as housing.

Each one of us is intimately connected to finance. We take it with us every day, carry it in the folds of our wallets. Finance drops to the bottom of our handbags, in the back pocket of our jeans, or the inside of our jacket. Our bank card, this piece of plastic that we keep as close as a talisman, is our closest connection to finance.

Finance is everywhere, and money overflows. The millions and billions and trillions of the banks, the insurance companies, pension plans, hedge funds, family fortunes and colossal debts whistle in our ears as we hear or read the news. They impress us, but often, we refuse to listen in, as we struggle to manage our hundreds, maybe some thousands. Maybe these billions and trillions are using their power, their existence, their injunctions, to prevent us from thinking and behaving any differently.

To overcome this stifling state of incapacitation, we must break down that force which resembles a spell, a binding petrification. This is the purpose of the “ritual to unbewitch finance.”

The time has come to bring the spectres of power networks into the light.
The time has come to break down the inner workings of economy and finance.
The time has come to get our hands dirty.

In a context of repeated and harmful economic and financial crises, it is increasingly urgent to reclaim ownership of the rules and challenges that govern our society. It is no longer an option to leave all economic and financial questions exclusively in the hands of experts.

Welcome to this rite of passage which strives to:
Put an end to our inertia.
Give us the energy to move.
Give us strength.
Strength to open the way for other models of wealth distribution.
Strength to create new ways to produce and create.
Strength to find other solutions.
Strength to free our imagination.